Le stage MAC : fondement lĂ©gal, modules et fenĂȘtre de vingt-quatre mois
Le stage MAC : fondement lĂ©gal, modules et fenĂȘtre de vingt-quatre mois
Chapitre 1 : La carte professionnelle et le calendrier du renouvellement · Leçon 2
1. L'article L. 612-20-1 : une obligation de rang législatif
Le stage de maintien et d'actualisation des compĂ©tences n'est pas une recommandation professionnelle ni une exigence contractuelle des employeurs : c'est une condition lĂ©gale du renouvellement de la carte professionnelle. Son fondement est l'article L. 612-20-1 du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, qui subordonne le renouvellement de la carte au suivi d'une formation continue, dans des conditions prĂ©cisĂ©es par dĂ©cret en Conseil d'Ătat. Ce rang lĂ©gislatif dit deux choses Ă l'agent expĂ©rimentĂ©. D'abord, la soliditĂ© de l'obligation : elle ne dĂ©pend ni d'une politique d'entreprise ni d'une circulaire, et nul ne peut en dispenser, ni l'employeur le mieux intentionnĂ©, ni l'anciennetĂ© la plus respectable. Ensuite, sa logique : le lĂ©gislateur a considĂ©rĂ© qu'un mĂ©tier dont le cadre juridique Ă©volue, dont les gestes engagent les libertĂ©s d'autrui et dont les risques changent, la menace terroriste au premier chef, ne pouvait pas reposer sur une formation unique acquise une fois pour toutes. Le MAC est la traduction concrĂšte de cette idĂ©e : tous les cinq ans, avant de renouveler le droit d'exercer, la RĂ©publique vĂ©rifie que les compĂ©tences ont Ă©tĂ© entretenues et remises Ă jour.
2. L'arrĂȘtĂ© du 27 fĂ©vrier 2017 : le contenu, activitĂ© par activitĂ©
Le contenu du stage est fixĂ© par l'arrĂȘtĂ© du 27 fĂ©vrier 2017 relatif Ă la formation continue des agents privĂ©s de sĂ©curitĂ©, qui dĂ©cline l'obligation activitĂ© par activitĂ© : la surveillance et le gardiennage, objet de ce cours, mais aussi, avec leurs modules et durĂ©es propres, les agents cynophiles, la tĂ©lĂ©surveillance, la protection physique de personnes, le transport de fonds ou la vidĂ©oprotection. Un agent qui cumule plusieurs cartes suit les maintiens propres Ă chacune de ses activitĂ©s : le stage de la surveillance humaine ne vaut pas pour la spĂ©cialitĂ© cynophile, et rĂ©ciproquement. Cette architecture par activitĂ© n'est pas une coquetterie administrative : elle reflĂšte le fait que les compĂ©tences Ă entretenir diffĂšrent rĂ©ellement d'un mĂ©tier Ă l'autre, l'agent de tĂ©lĂ©surveillance n'ayant pas les mĂȘmes gestes sensibles que l'agent postĂ© au contact du public. Pour la surveillance et le gardiennage, l'arrĂȘtĂ© fixe cinq blocs chiffrĂ©s, dĂ©taillĂ©s Ă la section suivante, qui dessinent trĂšs exactement le sommaire de ce cours : ce que le stage rĂ©actualisera en salle, les chapitres qui suivent le prĂ©parent et le rĂ©visent.
3. Les cinq modules chiffrés de la surveillance et du gardiennage
Pour l'activité de surveillance et de gardiennage, les modules et leurs durées sont les suivants : gestes élémentaires de premiers secours, 7 heures ; principes de la République, 3 heures ; cadre juridique d'intervention, 4 heures ; compétences opérationnelles générales, 7 heures ; et prévention des risques terroristes, 13 heures. L'addition donne 34 heures, et la répartition raconte les priorités du dispositif. Le module terroriste, le plus long avec ses 13 heures, dit que la vigilance face à la menace est devenue le coeur de l'actualisation : la menace évolue vite, et l'agent posté au contact du public en est un capteur de premier rang. Les deux modules de 7 heures, secours et compétences opérationnelles, entretiennent les savoir-faire qui s'usent le plus : les gestes qui sauvent et la gestion des situations humaines difficiles. Les 4 heures de cadre juridique réactualisent ce qui a bougé dans les textes, et les 3 heures de principes de la République ancrent la posture. Ce cours suit fidÚlement cette architecture : chacun de ses chapitres correspond à un ou plusieurs de ces modules, pour que la révision épouse ce que le stage évaluera.
4. La fenĂȘtre des vingt-quatre mois : la vraie contrainte de calendrier
L'arrĂȘtĂ© du 27 fĂ©vrier 2017 pose une contrainte de calendrier que beaucoup d'agents dĂ©couvrent trop tard : le stage doit ĂȘtre suivi dans un dĂ©lai de vingt-quatre mois avant l'Ă©chĂ©ance de validitĂ© de la carte professionnelle. La fenĂȘtre est donc large, deux annĂ©es pleines, mais elle est une fenĂȘtre : un stage suivi trop tĂŽt, trois ans avant l'Ă©chĂ©ance par exemple, ne remplit pas la condition, exactement comme un stage jamais suivi. La borne aval, elle, dĂ©coule de la mĂ©canique du dossier : l'attestation de stage devant accompagner la demande de renouvellement, dĂ©posĂ©e au moins trois mois avant l'Ă©chĂ©ance comme la leçon suivante le dĂ©taille, le stage doit en pratique ĂȘtre achevĂ© avant ce dĂ©pĂŽt. Le crĂ©neau raisonnable se dessine de lui-mĂȘme : viser le stage entre vingt-quatre et six mois avant l'Ă©chĂ©ance, en gardant de la marge pour les alĂ©as, une session annulĂ©e, un imprĂ©vu personnel, un employeur qui tarde Ă libĂ©rer les journĂ©es. C'est cette fenĂȘtre, bien plus que le dĂ©lai administratif de trois mois, qui doit guider la planification de l'agent : elle est la vraie horloge du renouvellement, et la manquer se rattrape difficilement.
5. Qui dispense le stage, et ce qu'atteste l'attestation
Le stage de maintien et d'actualisation des compĂ©tences ne peut ĂȘtre dispensĂ© que par un organisme de formation autorisĂ© au titre du livre VI du code de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure : l'activitĂ© de formation aux mĂ©tiers de la sĂ©curitĂ© privĂ©e est elle-mĂȘme une activitĂ© rĂ©glementĂ©e, soumise Ă autorisation, et un stage suivi hors de ce cadre ne produit aucun effet juridique. Ă l'issue du stage, l'organisme dĂ©livre l'attestation de suivi : c'est elle, et elle seule, qui sera jointe Ă la demande de renouvellement, et c'est pourquoi son exactitude, identitĂ©, activitĂ© concernĂ©e, dates, se vĂ©rifie Ă rĂ©ception. Il faut ici lever une ambiguĂŻtĂ© que la fiche de ce cours assume explicitement : une plateforme de rĂ©vision en ligne, si complĂšte soit-elle, n'est pas un organisme de formation autorisĂ©, et l'attestation de suivi qu'elle dĂ©livre, vĂ©rifiable en ligne, atteste d'un travail de prĂ©paration, jamais du stage rĂ©glementaire. Ce cours prĂ©pare le MAC, il ne le remplace pas : la nuance protĂšge l'agent d'une dĂ©convenue administrative, et elle dit l'usage optimal de l'outil, arriver en stage avec la matiĂšre fraĂźche pour transformer les 34 heures en consolidation plutĂŽt qu'en rattrapage.
6. Construire son rétroplanning personnel
Cette leçon se referme utilement par un exercice que chaque agent devrait faire sĂ©ance tenante : poser son propre rĂ©troplanning. PremiĂšre Ă©tape : retrouver la date de dĂ©livrance de sa carte, donc son Ă©chĂ©ance Ă cinq ans ; elle figure dans la dĂ©cision du CNAPS et se retrouve via le tĂ©lĂ©service. DeuxiĂšme Ă©tape : en dĂ©duire la fenĂȘtre du stage, qui s'ouvre vingt-quatre mois avant l'Ă©chĂ©ance, et y placer une cible rĂ©aliste, idĂ©alement dans la premiĂšre annĂ©e de la fenĂȘtre. TroisiĂšme Ă©tape : caler le dĂ©pĂŽt de la demande de renouvellement au moins trois mois avant l'Ă©chĂ©ance, avec l'attestation en main. QuatriĂšme Ă©tape : prĂ©voir les marges, un dĂ©lai d'inscription au stage, l'accord de l'employeur pour les absences, le temps de rĂ©unir les piĂšces du dossier. Un agent Ă mi-parcours de sa carte, Ă deux ans et demi de l'Ă©chĂ©ance, est exactement au moment idĂ©al pour commencer Ă rĂ©viser et repĂ©rer les sessions ; un agent Ă six mois de l'Ă©chĂ©ance sans stage est en zone rouge et doit agir la semaine mĂȘme. Le chapitre suivant dĂ©taille l'ultime maillon : la demande elle-mĂȘme, son instruction, et ce que le CNAPS y revĂ©rifie.