Pourquoi un recyclage triennal (article 7)
Pourquoi un recyclage triennal (article 7)
Chapitre 1 : Le cadre réglementaire du recyclage SSIAP · Leçon 1
Un diplôme SSIAP ne s'use pas avec le temps, mais les textes évoluent, les pratiques aussi, et les connaissances validées lors de la formation initiale doivent être actualisées à intervalles réguliers. C'est tout l'objet de l'article 7 de l'arrêté du 2 mai 2005 modifié, dont l'intitulé officiel est « Maintien des connaissances et obligations ».
Un mot sur le vocabulaire avant d'entrer dans le texte, parce qu'il égare dès la première minute. L'arrêté n'emploie ni le sigle « MAC », ni l'expression « maintien des acquis » : il parle de recyclage triennal, et l'annexe qu'il vise nomme le document produit « attestation de stage de maintien des connaissances ». « MAC » est un usage professionnel commode, pas un terme réglementaire. Vous le lirez partout dans les catalogues de centres ; vous ne le lirez pas au Journal officiel. Le savoir évite deux erreurs symétriques : chercher dans le texte un mot qui n'y figure pas, et croire qu'un centre qui écrit « recyclage » et un centre qui écrit « MAC » proposent deux choses différentes.
1. Deux domaines, deux périodicités
L'article 7 s'ouvre sur une phrase qu'il faut lire en entier, parce que chacun de ses membres porte une conséquence :
« Les personnels des services de sécurité incendie en exercice conformément au présent arrêté doivent se soumettre, en matière de sécurité incendie, à un recyclage triennal organisé par un centre de formation agréé conformément aux dispositions du présent arrêté (programme en annexe V). A l'issue du stage, une attestation, dont le contenu minimal est décrit en annexe XII, est délivrée par le centre de formation. »
Quatre choses y sont dites d'un coup. L'obligation vise les personnels en exercice : elle s'attache à l'occupation d'un emploi, non à la simple détention d'un titre, c'est ce déplacement, du titre vers l'emploi, qui explique tout le régime et sur lequel le chapitre 2 revient longuement. Elle porte en matière de sécurité incendie, formulation qui n'aurait aucun sens si un second domaine ne suivait pas. Elle est triennale. Enfin son programme n'est pas laissé à l'appréciation du centre : il est fixé par l'annexe V du même arrêté, dont les chapitres 4, 5 et 6 de ce cours détaillent les séquences et les durées, niveau par niveau.
L'alinéa suivant ouvre le second domaine, avec sa propre horloge :
« Les personnels des services de sécurité incendie sont soumis, tous les deux ans, à l'obligation de recyclage en matière de secourisme. »
Deux ans, donc, et non trois. C'est le premier piège du chapitre, et il est massif parce qu'il vient du texte lui-même : la rédaction initiale de 2005 imposait une « obligation annuelle de recyclage en matière de secourisme ». Cette version est abrogée depuis l'arrêté du 30 décembre 2010, entré en vigueur le 1er février 2011, mais elle survit dans des supports de cours, des fiches de poste et des procédures internes que personne n'a relus depuis. Si vous croisez « secourisme tous les ans », vous ne lisez pas une exigence renforcée : vous lisez un texte périmé. Et si vous croisez « secourisme tous les trois ans, comme l'incendie », vous lisez l'erreur inverse, celle qui aligne par confort deux obligations que le texte a délibérément séparées. Retenez la paire dans l'ordre où elle est écrite : sécurité incendie, trois ans ; secourisme, deux ans.