Diriger une évacuation
Diriger une évacuation
Diriger une évacuation dépasse la simple exécution de consignes : le chef d'équipe coordonne l'ensemble du dispositif, arbitre les priorités et s'assure que chacun rejoint un point de rassemblement en sécurité.
Visualiser les flux d'évacuation
Le dimensionnement des dégagements (largeur en unités de passage, UP) a été vu en SSIAP 1 : au-delà de 2 UP, la largeur se calcule par 0,60 m × N. En tant que chef d'équipe, retrouvez ce calcul en contexte dans le schéma interactif ci-dessous, qui rappelle les 4 phases d'une évacuation jusqu'à la sortie.
Les responsabilités du chef d'équipe pendant l'évacuation
- déclencher l'ordre d'évacuation selon les consignes établies, sans attendre de confirmation superflue en cas de sinistre avéré — c'est en général la suite directe d'une levée de doute ayant confirmé un sinistre ;
- répartir ses agents sur les points stratégiques (guidage aux issues, appui aux personnes en difficulté, filtrage des retours en arrière) ;
- s'assurer du comptage des personnes à chaque point de rassemblement, en lien avec les responsables de secteur de l'établissement ;
- rester joignable en permanence pour arbitrer les situations imprévues (issue bloquée, personne restée à l'intérieur).
Le calcul réglementaire des unités de passage (UP), en détail
| Nombre d'UP | Largeur exigée | Règle |
|---|---|---|
| 1 UP | 0,90 m | Valeur forfaitaire (exception à la formule) |
| 2 UP | 1,40 m | Valeur forfaitaire (exception à la formule) |
| 3 UP et plus | 0,60 m par UP | Formule générale |
Ce tableau, déjà vu en SSIAP 1, prend tout son sens en situation d'évacuation réelle : le chef d'équipe doit savoir, en observant un dégagement, si sa largeur correspond à l'effectif qu'il doit écouler, et anticiper un éventuel goulot d'étranglement avant qu'il ne se forme.
Anticiper les points de friction pendant l'évacuation
Diriger une évacuation, c'est aussi anticiper les comportements humains qui peuvent ralentir le mouvement : retour en arrière pour récupérer un effet personnel, hésitation devant un cheminement inhabituel, regroupement spontané près des issues plutôt qu'un écoulement fluide. Le chef d'équipe positionne ses agents aux points de décision (croisements, changements de niveau) plutôt qu'uniquement aux issues finales, pour orienter le flux avant qu'un embouteillage ne se forme plutôt que pour le constater après coup.
Après l'évacuation, la reprise d'activité
Le retour à une occupation normale des locaux ne se décide jamais sur une simple impression : il suppose la confirmation, par les secours si sinistre il y a eu, ou par le chef de service si l'évacuation résultait d'un exercice ou d'une fausse alerte, que les conditions de sécurité sont réunies. Le chef d'équipe organise alors le retour dans l'ordre inverse de l'évacuation, en réactivant progressivement les points de contrôle plutôt qu'en laissant les occupants regagner leurs postes de façon désordonnée.
Une évacuation dirigée n'est terminée que lorsque chaque secteur a confirmé l'absence de personne restante et que les effectifs ont été comptés aux points de rassemblement. Le chef d'équipe ne considère jamais une évacuation « terminée » sur une simple impression visuelle.
Attention particulière aux personnes en situation de handicap
Le chef d'équipe s'assure que les modalités prévues pour l'évacuation des personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap (espaces d'attente sécurisés, procédure d'évacuation différée assistée) sont bien connues de son équipe et effectivement mises en œuvre le moment venu — y compris la façon dont ces espaces d'attente sont eux-mêmes signalés aux secours à leur arrivée, qui doivent pouvoir les localiser sans délai pour organiser l'évacuation différée assistée dans de bonnes conditions. Le chef d'équipe s'assure, lors des exercices périodiques, que cette information circule effectivement jusqu'aux secours et pas seulement en interne à l'établissement.
Après l'évacuation
Le chef d'équipe rend compte à la direction et, le cas échéant, aux secours arrivés sur place : effectifs comptés par point de rassemblement, secteurs confirmés vides, anomalies rencontrées pendant l'évacuation (issue bloquée, agent en difficulté). Cette restitution orale est ensuite complétée par une consignation écrite sur la main courante, qui reprend la même rigueur factuelle (qui, quoi, où, quand) que celle attendue pour toute anomalie relevée en ronde.