Le désenfumage naturel et mécanique
Le désenfumage naturel et mécanique
Le désenfumage vise à limiter les effets de la fumée décrits au chapitre précédent, en la maintenant hors des cheminements d'évacuation et en facilitant l'intervention des secours.
Les objectifs du désenfumage
- maintenir praticables les cheminements d'évacuation le plus longtemps possible ;
- limiter la propagation de la fumée vers les locaux non sinistrés ;
- faciliter l'intervention des secours en limitant l'opacité et la concentration des gaz chauds.
Le principe général
Le désenfumage repose sur ce principe simple : une amenée d'air frais en partie basse du volume et une évacuation des fumées en partie haute, créant un balayage qui maintient une zone claire en partie inférieure.
Désenfumage naturel
Le désenfumage naturel utilise des ouvrants (exutoires en toiture, ouvrants en façade) mis en communication avec l'extérieur, sans apport d'énergie motorisée pour le mouvement de l'air — hormis, le cas échéant, pour leur commande d'ouverture. Le mécanisme de tirage thermique a déjà été détaillé en SSIAP 1 (schéma interactif des 4 phases de mise en tirage d'un exutoire naturel) : le chef de service doit en retrouver le principe sans hésiter, au-delà du simple geste d'ouverture.
Désenfumage mécanique
Le désenfumage mécanique utilise des ventilateurs (extraction et, selon les cas, soufflage) pour organiser le mouvement de l'air de façon plus maîtrisée, en particulier dans les volumes ne pouvant bénéficier d'un désenfumage naturel efficace (locaux aveugles, sous-sols, certains dégagements).
Comparer les deux principes
Le schéma interactif ci-dessous reprend la même coupe de local pour basculer entre les deux principes et comparer, à chaque fois, l'amenée d'air et l'extraction : exutoire passif côté naturel, ventilateurs d'extraction et de soufflage côté mécanique.
Une référence technique commune : l'IT246
Les dispositions techniques détaillées du désenfumage dans les ERP (surfaces utiles d'ouverture, débits d'extraction, dispositions selon le volume désenfumé) sont fixées par l'Instruction Technique n°246 relative au désenfumage dans les établissements recevant du public, en complément du règlement de sécurité ERP lui-même. Le chef de service n'a pas à maîtriser les formules de calcul de l'IT246, mais doit savoir qu'elle existe et qu'elle est la référence à laquelle un bureau d'étude ou un prestataire de maintenance doit se conformer pour tout dimensionnement de désenfumage.
Configurations mixtes : un cas particulier
L'IT 246 admet des configurations combinant les deux logiques : des amenées d'air naturelles associées à une extraction mécanique ou, plus rarement, des amenées d'air mécaniques avec une évacuation naturelle des fumées. Le chef de service n'a pas à concevoir ces installations, mais doit savoir les reconnaître sur les plans et les rapports de vérification : la présence d'exutoires dans un canton n'exclut pas un ventilateur d'extraction dans un autre — c'est la cohérence de chaque canton de désenfumage qui doit être vérifiée.
Un point de vigilance commun aux deux systèmes : les amenées d'air
Un désenfumage, qu'il soit naturel ou mécanique, ne fonctionne correctement que si les amenées d'air en partie basse restent dégagées : un exutoire ou un ventilateur d'extraction parfaitement fonctionnel en partie haute ne produit aucun effet utile si l'air ne peut pas entrer en partie basse pour compenser l'extraction. C'est un point de contrôle que le chef de service doit systématiquement intégrer aux consignes de ronde (voir le chapitre correspondant du SSIAP 2), quel que soit le mode de désenfumage installé.
Le choix entre désenfumage naturel et mécanique, ainsi que les caractéristiques précises exigées (débits, surfaces utiles d'ouverture), dépendent du type de local désenfumé (dégagement, local, escalier), du type d'établissement et de sa catégorie : les valeurs de dimensionnement sont fixées par l'Instruction Technique 246 et le règlement de sécurité applicable (à faire vérifier par un bureau d'étude ou le prestataire de maintenance, jamais estimées).
Le rôle du chef de service
- s'assurer du bon entretien et du bon fonctionnement des installations de désenfumage (exutoires, ventilateurs, commandes) ;
- veiller à ce qu'aucun encombrement n'obstrue les amenées d'air ou les bouches d'extraction ;
- relayer auprès de la direction toute anomalie constatée sur ces installations, en s'appuyant sur les rapports de maintenance ;
- savoir expliquer à un agent ou à un chef d'équipe pourquoi un local donné est équipé en naturel plutôt qu'en mécanique (ou l'inverse), plutôt que de se contenter de constater l'installation en place. Cette capacité à expliquer, pas seulement à constater, distingue le chef de service formé de celui qui applique des consignes sans en comprendre la logique — une distinction qui se voit immédiatement lors d'une commission de sécurité ou d'un échange avec un bureau d'étude.